Thèmes des fresques

 

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Les cinq tableaux de la fresque, détail: Remise des clés à Saint Pierre.

Clés à Saint Pierre

 

 

 

 

 

Sur cette fresque, Jésus, comme dans toutes les autres fresques bibliques de l’église, se trouve placé au centre de la composition, vêtu d’une tunique rouge et d’un manteau bleu, la tête auréolée. Sa main gauche levée vers le ciel et sa droite remettant des clés à un apôtre dont les traits sont facilement reconnaissables comme ceux de Saint Pierre, illustrent son propos : « Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux. Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux » (Evangile selon Saint Matthieu, 16,19). Autour de lui, dix apôtres et non onze comme on pourrait s’y attendre. Judas fait probablement défaut, comme pour anticiper sur le fait que, ayant trahi Jésus et s’étant ensuite pendu (Evangile selon Saint Matthieu, 27,3-6), il a du être remplacé par un autre disciple choisi après l’Ascension (Actes des Apôtres, 1,18-19). Cette scène biblique, très répandue dans l’art chrétien, est l’un de ces passages dans lesquels l’Eglise reconnaît depuis le début, l’élection particulière de Pierre comme chef des apôtres et à sa suite, la primauté du pape sur tous les autres évêques, comme successeur de Pierre. C’est aussi dans un évènement pareil, qu’elle comprend son pouvoir de délier les péchés des croyants au moyen du sacrement de confession. Le choix de représenter ce passage doit probablement être relié au nom de la ville : Saint-Pierre-lès-Elbeuf.


          Père Stanislas Delcampe   Août 2018

 

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Les cinq tableaux de la fresque, détail: La Cène

Dsc03005b

 

Sur cette fresque, l’artiste choisit, de manière peu commune mais probablement aussi en raison de l’espace qu’il a, de représenter la Sainte Cène non pas dans la largeur mais dans la profondeur. Une table est dressée, revêtue d’une nappe blanche. Sur elle reposent un plat de pains et une coupe, ressemblant très fortement à un calice liturgique. Le pain et le vin que contient cette coupe sont les deux aliments principaux pour célébrer la fête de la Pâque juive. Sa disposition, au centre de la composition et son éclat orientent notre regard vers le personnage central, Jésus, les bras écartés, distribuant le pain eucharistique qu’Il vient de rompre : « Prenez, ceci est mon corps » (Evangile selon Saint Marc 14,22). De manière concomitante, il lève les yeux au Ciel. Sa tenue vestimentaire est classique : tunique rouge, symbole de la divinité et d’un manteau bleu, symbole de l’humanité. Le Fils de Dieu a revêtu l’humanité et est ainsi vrai Dieu et vrai homme. Ses douze apôtres sont répartis autour de la table. Le fond, sobre et sombre permet aux personnages de se détacher. Une petite abside centrale – derrière Jésus donc – achève de concentrer notre regard sur lui. Les uns écoutent ou contemplent, tel l’apôtre placé à la droite de Jésus, sans barbe, les mains jointes et représentant habituellement le disciple « bien-aimé » que la tradition identifie à Saint Jean.
Les autres sont plus étonnés, tel celui du premier plan, à gauche, dont le torse est tourné vers Jésus tandis que le bas du corps est davantage tourné vers nous qui regardons la fresque. Ainsi, il ne nous tourne pas totalement le dos mais nous fait entrer dans la Cène. Sur ce même plan, mais cette fois-ci, le regard tourné vers l’extérieur, en bas, comme pour que personne n’accroche son regard, Judas, reconnaissable à la bourse qu’il tient de la main gauche, en rappel de sa charge, tenir la bourse commune (Evangile selon Saint Jean, 12,4-6) mais aussi des trente deniers reçus des grands prêtres pour prix de sa trahison à venir.

Nous sommes au moment du dernier repas de Jésus avec ses disciples, lors duquel il établit la manière par laquelle les apôtres pourront faire mémoire de sa mort et de sa résurrection et en recevoir les fruits de vie, l’eucharistie, célébrée chaque dimanche, depuis le jour de la Résurrection, par les apôtres.
                                           Père Stanislas Delcampe   Août 2018

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Les cinq tableaux de la fresque, détail: La Crucifixion

Crucifixion modifie 2

 

 

Cette fresque centrale représente la crucifixion. Jésus est au centre, cloué sur la croix. La tête auréolée. Au-dessus, un panneau où sont écrites quatre lettres, INRI, « Jésus le Nazôréen, le Roi des Juifs » (Evangile selon Saint Jean, 19,19). Les ténèbres entourent l’ensemble de la composition (Evangile selon Saint Marc, 15,33) bien qu’au niveau de la croix, elles se fassent un peu plus claires. Au pied de la croix, au premier plan, à droite de Jésus, se tient Marie, auréolée, reconnaissable à ses vêtements rouges et bleus, symboles de son humanité et de la grâce divine dont elle est comblée. Elle a gardé en elle la Parole du Seigneur, elle a porté en son sein Jésus, le Fils de Dieu, venu en notre chair. A gauche de Jésus, le disciple bien-aimé. Marie a le visage de la mère souffrant devant son Fils crucifié et le disciple bien-aimé, la tête baissée, a une pose méditative. Peut-être vient-il de recevoir ces paroles de Jésus : « voici ta mère » (Evangile selon Saint Jean, 19,26-27), en parlant de Marie.

Deux autres femmes, dans la pénombre, se tiennent au pied de la croix, elles-aussi. Probablement Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala (Evangile selon Saint Jean, 19,25). Placée au centre de l’abside, juste derrière l’autel majeur, la crucifixion nous rappelle que lorsque le prêtre célèbre la messe, l’Eglise est rendue présente à cet évènement clé de notre salut. Avec la dernière Cène – qui n’est autre que l’institution de la forme rituelle et non sanglante de la mort de Jésus sur la croix – et la Résurrection, la crucifixion forme le point d’Archimède de la victoire de Jésus sur le mal en y répondant par le don de sa vie par amour pour nous. Ainsi, « l’amour est fort comme la mort » (Cantique des Cantiques, 8,6).

     Père Stanislas Delcampe   Août 2018

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Les cinq tableaux de la fresque, détail: La Résurrection

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Sur cette fresque est représentée la résurrection de Jésus, mystère principal de la foi des chrétiens. Revêtu d’un blanc manteau, Jésus lève les yeux au Ciel, vers son Père qu’Il rejoint, entourée d’une lumière dorée, signe de la gloire. Il tient dans sa main droite un étendard blanc, frappé d’une croix rouge, signe de sa victoire sur la mort, par sa croix. Ses pieds sont très nettement marqués par les clous. C’est bien Jésus qui est mort sur la croix et qui est ressuscité comme ses apôtres l’ont constaté ensuite, lors de ses apparitions (Evangile selon Saint Luc, 24,36-43). Sa présence brise la ténèbre des nuages, signe de la ténèbre de la mort. Le tombeau, représenté comme un caveau et non comme la grotte creusée dont parlent les évangiles est ouvert. Les soldats placés en surveillance (Evangile selon Saint Matthieu 27, 62-66 et 28,11-15) devant sont aveuglés et effrayés par cet évènement pour le moins inattendu. Ils sont à terre, comme écrasés par la gloire.


                  Père Stanislas Delcampe   Août 2018

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Les cinq tableaux de la fresque; détail: le couronnement de Saint Louis

Eglise 2 1

L’artiste représente ici la translation des reliques de la couronne d’épines. Au centre de la composition, le roi Saint Louis (Louis IX, 1214-1270) porte un coussin rouge où repose la couronne mise sur la tête de Jésus par les soldats romains lors de son jugement. Il est reconnaissable à sa couronne, son manteau bleu couvert de fleurs de lys dorées, armes de la couronne de France, à la richesse de sa tunique, dorée, richement bordée d’hermine aux manches et en son bas, coupée à la manière d’une dalmatique, tunique liturgique que revêt le diacre. Enfin, le cercle doré derrière sa tête représente l’auréole qui indique traditionnellement la sainteté des personnes, resplendissantes de la gloire de Dieu. Il est encadré par quatre clercs reconnaissables à leur coupe de cheveux, la tonsure, et portant un dais aux armoiries de France. Le dais, utilisé généralement lors des processions du Saint Sacrement, signifie ici l’importance de la relique[1], celle de Jésus, vrai Dieu. Cette couronne symbolise la royauté de Jésus, loin de la royauté de la terre. Jésus est notamment roi par un amour qui s’attache le cœur des humbles et des pauvres, jusqu’à être prêt à se livrer pour les sauver de la mort venue dans le monde par le péché.

Autour du roi se tiennent aussi deux évêques reconnaissables à leur chapeau – une mitre. Celui situé au second plan se tient les mains jointes et la tête baissée en signe de recueillement. Sur sa chasuble rouge, le vêtement liturgique utilisée pour les messes, est déposé un pallium, une bande de tissu en laine, remise aux archevêques. Au quatrième plan, un second évêque porte la crosse, ce bâton terminé en une volute et qui rappelle le bâton du pasteur qui prend soin de ses brebis. En arrière-plan, on devine d’une part, d’autres personnages tonsurés, probablement des religieux. Ceux de droite nous tournent le dos et se tiennent deux par deux, croix de procession en tête. Ils forment la tête de la procession qui s’avance vers un édifice religieux repérable à ses voûtes gothiques – évocation possible de la Sainte Chapelle, à Paris, que Saint Louis a fait construire à la manière d’un grand reliquaire pour qu’y soit déposée la couronne d’épines. Sur le premier plan, d’une part une mère et son fils. La mère, le visage tourné vers l’enfant lui explique ce qui se passe. D’autre part, deux jeunes hommes prient au passage de la procession. Ces deux groupes nous donnent à voir ce que nous pouvons faire : prier devant Jésus mort pour nous et transmettre notre foi aux nouvelles générations.

Cette fresque tout en rappelant une manière qu’a eu l’Eglise de méditer sur la passion de Jésus, en priant devant la couronne d’épines, évoque aussi un passage de la vie du Saint patron de l’Eglise, Saint Louis, fêté le 25 août.

                                   Père Stanislas Delcampe Août 2018


[1] Relique vient du mot « reliquia », en latin, qui signifie « le reste ». Une relique est « ce qu’il reste ». L’usage a fait que la relique est devenue « le reste d’un saint ».

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